Nous pouvons tous avoir de bonnes raisons de nous faire accompagner dans la résolution de nos problématiques personnelles ou professionnelles. Seulement, prendre la décision de faire appel à une personne extérieure, un coach par exemple, est encore vu de nos jours comme un acte honteux ou de faiblesse. Même si le problème rencontré au quotidien peut s’avérer prenant, nous trouverons toujours une bonne raison pour ne pas se faire accompagner. Je cite dans cet article 12 raisons. Pourquoi 12 ? Juste pour ne pas me limiter à 11. Et pourquoi pas 13 ? Parce que je me laisse une marge de progression et que je pense aux superstitieux 😉 Allez, voici les 12 raisons :
Première raison: Ce n’est pas bien grave. Très souvent, nous avons l’impression que la situation difficile que nous traversons est loin d’être grave ; en tout cas, pas aussi grave que celle de « Julien qui s’est fait diagnostiquer une maladie grave, a perdu son emploi dans la foulée, sans oublier la procédure de divorce qui a suivi l’annonce de sa maladie, etc. Lui, il a vraiment besoin d’aide »
Deuxième raison: Je peux le faire tout seul. Certains préfèrent tout faire tout seul, parce qu’ils ont toujours fonctionné ainsi, en toute autonomie. Et c’est toujours mieux fait quand on le fait soi même. Au moins si on rate, on n’en voudra à personne. C’est quand-même plus rassurant, n’est ce pas ?
Troisième raison: C’est trop cher. Le prix d’une prestation peut être un frein, surtout pour les personnes disposant de peu de ressources. Et pour les personnes ayant suffisamment de moyens, ces choses immatérielles sont souvent difficiles à évaluer, voire trop cher pour ce que c’est.
Quatrième raison: Je sais pourquoi je suis dans cette situation. « Depuis que je suis tout petit, mes parents m’ont toujours fait passer après mon frère. Mon frère a toujours été encouragé et soutenu dans tous ses projets et moi, rien. Du coup, je manque de confiance en moi, en ma famille et en tout le monde d’ailleurs »
Cinquième raison: C’est tous des psys. Là, je suis sans voix. Que peut-on rajouter à ça ? Il y a une certaine confusion entre le métier de coach, et celui de psychologue. Donc pour les personnes qui appréhendent les consultations chez le psychologue, elles vont également craindre une consultation chez le coach, même si l’objectif n’est pas le même pour les deux professionnels.
Sixième raison: Quand j’aurai vraiment envie, je m’y mettrai, mais là, ce n’est pas important. Nous avons souvent l’impression d’avoir le contrôle de la situation, et qu’il suffit de le décider pour s’y mettre. J’ai un ami qui ne fume « que deux cigarettes par jour ». Il lui est même arrivé de passer « deux semaines sans fumer », et ce, sans aucune difficulté. Alors il peut arrêter de fumer à tout moment, m’a-t-il dit. Moi je constate simplement que ça fait des années que ça dure et qu’il a du mal à s’en séparer. Il a quelques soucis respiratoires, rien de très grave me direz-vous, rien qui ne vaille la peine d’arrêter ces deux minuscules cigarettes quotidiennes. Ce n’est pas comme s’il fumait un paquet par jour.
Septième raison: Je n’ai pas de temps, j’ai trop de boulot (ou de rendez-vous) en ce moment. Nous voyons ici tout l’art de gérer ses problèmes, ses priorités et son temps. Nous allons attendre que la situation s’aggrave pour agir. Plongez une grenouille dans une casserole d’eau bouillante. Je pense, sans jamais avoir pratiqué l’expérience, que la grenouille aura assez de force pour rebondir et sortir de la casserole avant de cuire. Et si on la place dans la casserole alors que l’eau est encore froide, et qu’elle chauffe progressivement, vous connaissez la suite. Message aux défenseurs des animaux, je n’ai pas fait l’expérience et je n’incite personne à le faire, c’est juste une analogie 😉
Huitième raison: J’ai déjà essayé et ça n’a pas marché. Une expérience n’ayant pas atteint les résultats escomptés nous sert souvent de référentiel. Si ça n’a pas marché la dernière fois, ça ne marchera pas cette fois-ci. Suite à ce que l’on considère comme un échec, on ne veut pas prendre le risque d’échouer à nouveau. Parfois, c’est l’expérience des autres qui nous bloque. « J’ai un ami qui l’a fait et ça n’a rien changé »
Neuvième raison: Ce sont les faibles qui font appel à un coach, pas moi. Dans notre société où nous devons faire preuve de force et d’autorité, dire que nous sommes dépassés par une situation ou que nous n’arrivons pas à trouver une solution par nous-mêmes, c’est un signe de faiblesse. Il est difficile d’agir sur ce genre de croyances. « J’ai un poste à responsabilités et je dois faire une présentation dans deux jours devant la grande assemblée de dirigeants. Dois-je avouer que je suis stressé à l’idée de parler en public ? Non ! Dois-je me faire accompagner par un de ces coachs experts en la matière ? Non, pas moi ! Ca ne le ferait pas du tout »
Dixième raison: Je ne vais quand-même pas faire appel à quelqu’un qui ne me connaît pas et qui ne connaît pas mon métier ! Voilà une phrase que nous entendons de moins en moins, mais qui est encore présente dans nos échanges avec des personnes en difficultés dans leur métier.
Onzième raison: Lire Le Coaching pour les Nuls. Un bon livre sur le coaching c’est beaucoup plus simple. Je peux pratiquer le coaching où et quand je veux. C’est quand-même moins stressant et moins coûteux que d’avoir quelqu’un qui vous pose plein de questions, et qui prétend vous montrer que vous avez du potentiel et des solutions en vous, pour vous sortir de toutes les situations problématiques. Non, mais !
Conclusion :
L’intérêt de cet article est de pointer nos comportements improductifs et inciter les individus confrontés à ces comportements à en prendre conscience et les aider à franchir le pas. Dans mon métier de coach, je suis tout le temps face à ce genre de réflexions ou de comportements qui me laissent parfois sans voix. C’est pourquoi je propose toujours de rencontrer des personnes lors d’une première séance qui nous permet de faire connaissance dans un premier temps, de leur révéler leurs modes de fonctionnement, et les leviers sur lesquels ils peuvent s’appuyer pour changer de comportements. Parfois on va s’appuyer sur leurs propres défauts pour les transformer en forces (c’est le côté arts martiaux qui parle à travers moi) Nous ne pouvons rien signer à la suite de cette séance. Si la personne est intéressée, nous nous revoyons pour parler des modalités d’accompagnement. Et pourquoi je procède ainsi ? Parce que nous arrivons à la 12e raison que je n’ai pas encore citée, c’est tout simplement la peur de l’inconnu. L’on ne peut s’engager dans un processus d’accompagnement avec quelqu’un que si on connaît bien la personne et ses méthodes.
Avant de conclure mon propos, j’aimerais vous inviter à me dire combien de raisons vous ont parlé personnellement ? En trouvez-vous d’autres ? Merci de les partager ici, sans aucun jugement bien sûr. Merci pour votre écoute, et à très bientôt.
